Une baisse de l’apport personnel

Les banques ne font pas  seulement des efforts en termes de prix mais acceptent aussi plus volontiers de prêter à très long terme, à 25 voire à 30 ans et plus. En moyenne, la durée des prêts s’est ainsi établie à 18,5 ans en juin (222 mois). Ce niveau équivaut à une augmentation de la durée des prêts de quatre mois depuis le début de l’année. Cette évolution va de pair avec une baisse de l’apport exigé par les banques pour accorder un prêt. « Cette baisse de l’apport personnel est spectaculaire », assure Michel Mouillart.

Les banques peuvent se montrer d’autant plus accommodantes sur les conditions d’octroi des crédits que la production se replie sur fond d’essoufflement de la demande. « Il y a eu un attentisme des emprunteurs en début d’année mais, depuis le début de l’été, on sent un retour de la demande, sachant qu’il ne s’agit pas de demandes de rachat de prêts », estime cependant Sandrine Allonier, porte-parole du courtier Vousfinancer.

 

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Vers une hausse de la sinistralité

L’assouplissement des conditions d’octroi de crédit peut soulever des questions sur les risques pris par les banques. « Oui, on aura des hausses de sinistralité à venir. Est-ce qu’on est inquiet pour autant ? Non. On est dans un marché du financement qui est toujours très raisonnable, responsable et contrôlé », a cependant relativisé mardi, Jean-Marc Vilon, le directeur général de Crédit Logement, une société qui garantit les prêts.

Les autorités restent cependant sur leurs gardes.  En juin, le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), l’instance hexagonale chargée de surveiller la robustesse du système financier, s’est dit « vigilant » sur l’évolution des conditions d’octroi des crédits immobiliers. Dans une publication récente, le gendarme des banques, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a par ailleurs souligné que les marges des banques sur les crédits à l’habitat étaient en « repli rapide ».